Saturday, April 4, 2015

Les enfants africains sensibilisent le monde sur les effets du climat



Par Hubert Didier Madafime
« We, the children of Africa » (Nous,  ) est un appel qui va résonner dans le ciel africain en juin 2015, lors du sommet  de l’Union africaine. Le même écho sera entendu à Paris six mois plus tard, au cours des négociations sur le climat. Il s’agit bien d’une manière spéciale pour les enfants du continent africain d’interpeller les décideurs, à travers le monde, sur les dangers imminents et presque irréversibles que les changements climatiques font peser sur leurs conditions de vie. C’est un concept développé par  l’ANEJ, African Network Environmental Journalist, le Réseau Africain des Journalistes pour l’Environnement qui entend ainsi attirer l’attention de la planète pour un meilleur accord à la COP 21.  

54 enfants de 12 à 15 ans, garçons et filles, habillé chacun dans sa tenue nationale, représentant les  54  pays  d’Afrique,  viendront  délivrer  devant  les  Chefs  d’Etats  Africains  début  juin  2015  en Afrique  du Sud, au cours du sommet ordinaire de l’Union africaine, un discours-message destiné à la COP 21 de Paris.  Identifiés  parmi  les  enfants  des  réfugiés  climatiques  et  de  peuples  indigènes,  les enfants viendraient de contrées particulièrement affectées par les changements climatiques. Par exemple les enfants Touaregs des régions désertiques ou les jeunes Fulanis de la RCA ou du Nord Nigeria (filles victimes entres autres de Boko Haram) ou encore les jeunes filles de Somalie, des tribus de pêcheurs du Golfe d’Aden. Sans oublier bien sûr les enfants des zones forestières du Bassin du Congo.


  Un speech de 10 minutes maximum prononcé par un enfant. Un cri d’alarme d’enfants soucieux de leur avenir ; inquiets qu’ils sont du legs que leur laissent les aînés ; exigeants des résultats concrets à la COP 21 de Paris. Les discours seront prononcés dans les 3 langues de l’Union africaine (Anglais, Français et Arabe) et dans la mesure du possible par le même enfant. Ceci pour montrer la maturité précoce des enfants et provoquer l’admiration et la solidarité du monde pour le message. 
Avant  le  discours,  un  film  court  métrage  (10  mn)  sera  proposé  à  la  projection  devant  les  Chefs d’Etats.  Il  présentera  de  façon  concise  certaines  statistiques  de  l’enfance  face  aux  différents aspects  du  changement  climatique  (évolution  de  l’espérance  de  vie,  maladies  liées  à  la question,  les  enfants  et  la  rareté  de  l’eau  et/ou  désertification,  exode  des  enfants  lié  à l’environnement,  échecs scolaires liés à la même question etc…). 
A l’issue du discours, une déclaration intitulée :
« Nous, Enfants d’Afrique…; Vous, Décideurs du Monde… », 
« We, the Children of Africa …; You, World Leaders … »,
sera remise à l’assistance et tout particulièrement à la presse. Sa substance consiste en une mise en garde de voir Paris 2015 ressembler à Copenhague 2009 et surtout de voir l’Afrique laissée pour compte dans la crise climatique. Ce sera aussi un Appel aux enfants des autres continents à se mobiliser pour leur avenir. Dans la mesure du possible, un enfant de chaque continent sera invité pour assister à cette cérémonie en Afrique du Sud, comme l’expression d’une solidarité générationnelle.  
Un groupe de 20 adolescents sera sélectionné pour se rendre à Paris durant la COP 21. Ils seront en  binôme  avec  20  journalistes  d’ANEJ  également  invités  pour  couvrir  pour  l’Afrique  la  COP21. Chaque journaliste couvrira la conférence en tenant compte de la perception et du regard de l’enfant  qui  l’accompagne :  son  immersion  dans  cette  gigantesque  manifestation,  ses  solutions pour se faire entendre, sa compréhension des ficelles des négociations, etc…
On  ne  saurait  faire  meilleure  couverture  pour  les  populations  du  continent  que  de  mettre  au centre  de  son  reportage  les  premières  victimes  potentielles  de  la  crise  climatique  que  sont  les enfants.  RFI  qui  est  le  média  le  plus  écouté  en  Afrique  sera  également  mis  à  contribution  pour mettre en valeur la présence de ces enfants à Paris. Sur le site même au Bourget il sera implanté un stand avec l’intitulé du projet : « We, the Children of  Africa  … ». Il  y  sera  diffusé  le  film  réalisé  par  une  maison  de  production  professionnelle  sur  le processus de mise en œuvre du projet en question, ses différentes étapes (sommet en Afrique du Sud de Juin), et distribué à grande échelle en DVD, dans au moins 2 langues (Français et Anglais.) De même que sera diffusé une ou des plaquettes faisant la promotion du projet.
Objectif affiché : influencer les décideurs du Monde afin de créer une réelle volonté politique de sauver  notre  planète  de  la  dégradation  galopante  des  éco  systèmes.  Les  échecs  répétés  des négociations  sur  le  climat  de  Copenhague  2009,  Cancun  2010,  Durban  2011  et  d’autres  ne doivent ni décevoir nos espérances, ni faire accepter la fatalité de l’échec. 
Cette   mobilisation   des   enfants   d’Afrique   qui   est   une   initiative   de   l’African   Network   of Environmental Journalists (ANEJ) s’inscrit en droite ligne dans notre stratégie d’explorer les voies et moyens  susceptibles  d’aider  à  une  prise  de  conscience  des  décideurs  du  globe  par  rapport  à l’urgence d’un accord contraignant sur le climat. Les médias ont à ce titre un rôle essentiel et déterminant dans la prise de conscience à la fois des gouvernants  pour  une  réelle  volonté  politique  de  changement,  et  des  gouvernés,  pour  le changement des comportements.
Est,  Ouest,  Nord  ou  Sud,  Etats  développés  ou  pays pauvres :  les  dérégulations  du  climat  n’épargne aucune région du monde. Le Sud est certes plus vulnérable, mais le Nord et le Sud ont un destin commun. L’accent dans la campagne média sera mis sur ce qui nous unit (menaces climatiques communes, destin commun) plutôt que sur ce qui peut nous diviser (Nord-Sud, pays pauvres, pays riches, etc..).

Evoquant les raisons d’une telle initiative, le Président de l’ANEJ Sidi El Moctar Cheiguer a fait observer que s’il est un défi majeur que l’humanité doit absolument relever en ce 21éme siècle, c’est bien celui de la lutte contre le réchauffement de la planète. Devant le risque d’emballement de la machine climatique aux conséquences  incalculables pour l’humanité,  jamais notre planète n’a autant été vulnérable. Pour l’Afrique,  insiste le Président de l’ANEJ, l’incertitude est   encore plus grande : continent   le   plus   affecté   par   le dérèglement du climat, il est aussi le moins outillé pour s’y adapter. Devant  ce  danger  majeur, l’Afrique, conclut Sidi El Moctar Cheiguer, doit absolument pouvoir peser sur les négociations préparatoires de la très attendue COP 21 de Paris. Pour y arriver, rien de mieux que de placer les enfants au cœur de ce combat.

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